L’anesthésie et les frontières de la conscience – EFFERVESCIENCE

L’anesthésie et les frontières de la conscience.

En fait, on ne sait toujours pas comment ça marche … On connaît les récepteurs, les gènes impliqués … mais pas le fonctionnement de l’anesthésie …
L’anesthésie est pourtant un acte médical banal et d’importance vitale, des milliers de chercheurs planchent sur le sujet. Et font au passage des découvertes surprenantes. En particulier concernant le réveil.
Il y a plusieurs classes d’anesthésiques, depuis les simples tranquillisants (valium) jusqu’aux hypnotiques psychotropes (kétamine).
Mais on a remarqué une constante au moment du réveil : cette période de quelques minutes, où le patient passe par des délires ou des hallucinations, avant de reprendre réellement conscience. Ce qui se comprend d’un psychotrope (la kétamine est un cousin du LSD), mais pas des tranquillisants.
Une étude finlandaise (Pr Harry Scheinin) réalisée avec deux types d’anesthésies non psychotropes (dexmedetomidine et propofol) a permis d’observer lors du réveil l’activité du cerveau du patient, en temps réel, grâce à un procédé de tomographie.
Sur vingt volontaires en bonne santé, on a effectué cette tranquillisation poussée jusqu’à perte de conscience et insensibilité totale à la douleur.
Puis on a observé l’activité des tissus cérébraux au moment du réveil : il apparaît (illustration) que les premières

zones à se mettre en route (en réponse à des sollicitations vocales de la part des observateurs), sont des réseaux intégrés au « cerveau primitif », en particulier le thalamus et les régions subcorticales. Autrement dit les zones du cerveau émotif, producteur de neuromédiateurs puissants qui peuvent provoquer une exaltation du sujet.

Ainsi, alors que tout le monitoring des anesthésies (électroencéphalogrammes), mais aussi des comas, repose sur l’observation du cortex (le « cerveau qui réfléchit »), c’est le cerveau émotif qui s’agite le premier au réveil. Avec pour ferment non pas des informations objectives (puisque les circuits sensoriels sont inopérants), mais uniquement des souvenirs ou des évocations émotives.
Ces observations capitales sont à rapprocher de (au moins !) deux questionnements importants qui touchent la neurologie :
– on ne comprend pas pourquoi ni comment un tranquillisant banal (le stilnox) permet, sur des périodes limitées, de sortir des comateux de leurs limbes, et de les voir se lever, s’exprimer, se déplacer, se nourrir « comme avant », avant malheureusement de replonger dans le coma. Il est certain que le cerveau doit être observé plus profondément car c’est dans les zones primitives que se niche la conscience.
– Ce sont des chercheurs de l’Inserm de Strasbourg qui ont levé le lièvre : les anesthésies dans les hôpitaux provoquent des troubles inexpliqués dans les jours qui suivent l’intervention. Des troubles qui se recoupent totalement avec le « jetlag » des voyageurs de longues distances. Un décalage du cycle nycthéméral, dont l’importance correspond à la durée de l’anesthésie : pour une opé de Cinq heures, un décalage de cinq heures, à récupérer sur quelques jours…

 

SOURCE :EFFERVESCIENCE par GAUCHET @ 01/07/2012 – 10:58:22

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Cette entrée a été publiée le 2 juillet 2012 à 21 h 55 min. Elle est classée dans Non classé et taguée , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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