Les farines animales, le retour…

souhaite autoriser ces farines dans le secteur de l'aquaculture dès le 1er juin, puis, "pas avant 2014", pour les porcs et les volailles.

Si la Commission européenne voulait donner des verges pour se faire battre, elle ne s’y prendrait pas autrement.

Depuis quelques jours, l’Europe entière se scandalise, à juste titre, d’une vaste fraude, aux ramifications toujours plus larges, qui a permis à des industriels de faire avaler aux consommateurs quelque 750 tonnes de viande de cheval maquillée en « pur boeuf ».

Et que vient de décider la Commission ? Tout simplement de préconiser à nouveau, dans l’Union, le recours aux farines animales pour nourrir une partie des animaux d’élevage. Elle souhaite autoriser ces farines dans le secteur de l’aquaculture dès le 1er juin, puis, « pas avant 2014 », pour les porcs et les volailles.

Cela revient, ni plus ni moins, à renouer avec une pratique d’élevage dont les dérives ont provoqué l’une des plus graves catastrophes sanitaires qu’ait connues le continent, il y a moins de vingt ans : la crise de la « vache folle ».

C’est parce qu’elles étaient nourries avec des « farines de viandes et d’os », recyclant toutes sortes de carcasses et préparées sans précautions, que des dizaines de milliers de vaches ont été infectées par l’encéphalopathie spongiforme bovine, conduisant à l’abattage de troupeaux entiers. C’est à cause de ces farines que des centaines de consommateurs développent, parfois des années après avoir mangé des steaks infectés, la maladie mortelle de Creutzfeld-Jacob.

Les farines animales ont été interdites en Europe pour les ruminants en 1997, puis pour tous les animaux de consommation en 2001. Pourquoi les réintroduire aujourd’hui ? Elles permettraient de remplacer les farines de poisson, utilisées dans l’aquaculture, qui deviennent moins abordables quand les ressources halieutiques se raréfient. Et la mesure est attendue par les éleveurs de porcs et de volailles, qui y trouveraient une matière première bon marché pour nourrir leurs animaux, alors que le prix élevé des céréales et du soja pèse lourdement sur leurs comptes.

Réutiliser des protéines plutôt que les détruire, et soulager ainsi la pression sur des cultures végétales gourmandes en terre, en eau et en pesticides : l’idée est écologiquement et économiquement défendable. Mais elle suppose d’accorder beaucoup de crédit à une industrie agroalimentaire qui s’est plus illustrée dans la malbouffe que par son souci absolu de la qualité.

Selon la Commission, les « nouvelles » farines sont sans danger : elles seront issues uniquement de morceaux propres à la consommation humaine et, surtout, le « cannibalisme » sera désormais proscrit. Les porcs ne mangeront que des farines de volaille, et inversement. Sain principe et louable intention. A condition que les pouvoirs publics et les filières professionnelles soient capables de garantir un respect scrupuleux de ces normes sanitaires. Or, après bien d’autres, l’épisode des lasagnes au cheval roumain démontre que c’est tout sauf garanti.

En octobre 2011, c’est précisément ce doute qui a conduit l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail à émettre un avis négatif quant au retour des farines animales. Il serait regrettable que la France, que rien n’oblige à suivre le feu vert de Bruxelles, ne tienne pas compte de cet avertissement. En matière de santé publique, le doute doit toujours profiter aux consommateurs. Quoi qu’il en coûte.

SOURCE : LE MONDE

>> On pourra peut être un jour avoir du pain à la farine de déchets animalier…

 

la suite de ce Wek-end :

 

Delphine Batho

La ministre de l’Ecologie Delphine Batho a déploré dimanche 17 février le feu vert de Bruxelles au retour des farines animales pour nourrir les poissons, et a souhaité la création d’un label « sans farine animale » pour informer les consommateurs.

« Je n’avais pas vu cette décision [d’autorisation des farines animales, NDLR] qui datait du mois de janvier et qui a été rendue publique la semaine dernière par la Commission européenne, et j’en pense le plus grand mal », a déclaré Delphine Batho lors de l’émission « Le Grand Entretien » de la Radio de la communauté juive (RCJ).

« La France, au travers de Guillaume Garot [ministre de l’Agroalimentaire, NDLR] et Stéphane Le Foll [ministre de l’Agriculture], s’est prononcée contre lors du processus de discussion interne à l’Union européenne », a ajouté Delphine Batho. « Ce n’est pas dans la logique de la chaîne alimentaire que de donner de la viande à manger à des poissons. C’est la même logique d’absurdité financière » que pour la viande de cheval, a-t-elle estimé.

Prohibées dans l’UE depuis la crise de la « vache folle »

Pour Delphine Batho, « il est donc très important que la filière piscicole française s’organise pour qu’il y ait un label ‘sans farine animale’ qui puisse faire son apparition sur les étalages, pour dire aux consommateurs français : le poisson que vous achetez n’a pas été nourri avec de la viande ».

La Commission européenne a annoncé jeudi que les poissons d’élevage pourraient à nouveau être nourris avec des farines de porc et de volailles à compter du 1er juin. Ce mode d’alimentation était prohibé dans l’UE depuis la crise de la « vache folle ».

Approuvée par les experts des Etats membres en juillet 2012, la mesure autorise le (…)

SOURCE : Le Nouvel Observateur

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Cette entrée a été publiée le 16 février 2013 à 17 h 37 min. Elle est classée dans Non classé, SANTE et taguée , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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